Faculté des sciences et technologies,
Département Station Marine de Wimereux
Vernissage le 21/06/24.
150 ans de la Station Marine
L’exposition « Planctonia » fait dialoguer des images générées par intelligence artificielle à l’initiative de l’artiste Ilona Tikvicki autour du thème de la métamorphose planctonique et des tirages de microscopie numérique réalisés par la chercheuse au LOG (Laboratoire d’Océanologie et de Géoscience) Lucie Courcot.

Plactonia, Le principe de la chimère
“Tout flue, toute image formée est errante”
Ovide, Métamorphoses, XV 178
Planctonia n’est pas une créature vivante mais évoque,
par des fictions plastiques, le vivant lui-même,
dans sa fécondité et ses métamorphoses.
À l’instar de beaucoup de jeunes artistes d’aujourd’hui,
Ilona Tikvicki a orienté une partie de ses recherches
vers les milieux de vie qui -tels les océans- disposent
en permanence d’incessants pouvoirs de variations
organiques. En sorte que l’ancienne rêverie sur la
nature créatrice – d’Ovide à Novalis – se confond
à présent avec l’invention artistique elle-même, mêlant
les fluides et les signes, les formes et les couleurs,
l’aquarelle, le dessin et la photographie, pour nous
donner accès au principe enchanté de la chimère.
Les créations d’Ilona Tikvicki (en lien avec les
recherches de Lucie Courcot) convoquent alors sous
sous nos yeux cette “communauté merveilleuse” qui,
selon l’intuition du poète Novalis, rassemble
une à une toutes les formes de vie.
Michel Cegarra – Historien de l’art (Domaine M)
Ilona TIKVICKI :
« Entre 2010 et 2012 j’ai réalisé des aquarelles représentant des animaux marins, des anémones de mer, d’abord de façon imaginaire. Puis je suis allée les observer dans des aquariums pour les peindre d’après nature en laissant une large place à l’interprétation. Je cherchais un lien avec l’évocation d’autres chaires éparses. Exposées aux courants elles se rétractent et s’étirent. Elles évoquent la fragilité, la vulnérabilité face à un environnement hostile.
Pour « Planctonia », j’ai demandé à une intelligence artificielle de générer des images à partir des termes de la biologie marine et des noms donnés aux zooplanctons et phytoplanctons. Elle a imaginé des formes de vies qui n’existent pas mais qui prennent les caractéristiques des milieux marins, fût-elle en concurrence avec l’inventivité de la nature. Ces formes obtenues les chercheurs de la station les ont nommés des chimères, ces animaux imaginaires de la mythologie grecque à l’apparence de monstres mêlant en un seul corps des parties de différentes animaux : tête de lion, queue de serpent, corps de chèvre. Des mutations bizarres, inattendues, que l’on regarde avec une certaine peur.
Il y a la le thème de la transformation, de la mutation et je vois dans ces inventions visuelles un potentiel, un expérience d’hybridation entre ce qui existe et un futur inquiétant ou l’on décèle une lutte pour la vie et un possible que l’on appréhende. »





















